On aura beau dire, le cinéma réserve parfois de bien jolies choses et The Artist en est une. Comme j’ai déjà pu le dire, ce film semble tellement surannée et il est pourtant terriblement moderne. Il est à la fois un hommage au cinéma muet américain et un hommage tout court au cinéma. C’est une preuve d’amour, un film qui deviendra une madeleine de Proust et qui, par la force des choses, ne vieillira pas.
Et pourtant, la chose n’était pas gagnée d’avance : Faire un film en noir et blanc, muet de surcroît, en 2011… quel pari fou!
Le réel tour de force de Michel Hazanavicius c’est, finalement, revenir aux sources du cinéma : l’image et (presque) rien d’autre. Lors du visionnage de « The Artist » j’ai été surpris par la richesse de ce qu’il se passait à l’écran, tout aussi bien au premier qu’au deuxième plan. Cela fourmille de milles et un détails qu’une seule projection ne permet pas de tout voir. Loin de la trame simple (simpliste diront les haters de service) de la chute d’un homme et du mélo qui entoure le film, on se laisse embarquer par Georges Valentin (Jean Dujardin) et Peppy Miller (Bérénice Bejo) dans ces années folles. Entraîné, captivé par leur jeu d’acteur où les sentiments surgissent de l’écran pour mieux nous toucher. Dénués de toute parole ils prennent tout leur sens.
Oui, la trame est simple, mais les sentiments, l’émotion sont eux présents, très présents. Jean Dujardin montre l’étendu de son talent et délivre une interprétation terriblement crédible de son personnage et Bérénice Bejo en est son alter égo féminin, campant une Peppy Miller pleine de vie, tournée vers le présent. J’ai plein de scènes en tête mais j’en garderai une seule, celle de la rencontre furtive dans l’escalier entre Georges et Peppy, où l’un décline et l’autre se révèle… magnifique.
Il y aurait tellement de choses à dire sur ce film : la photo, les costumes, l’habillage musical qui est époustouflant…
Michel Hazanavicius ne tombe dans aucun pastiche ou redite de films de cette période révolue, il lui rend hommage avec un film bien à lui, bourré de références (tout comme l’a été OSS117 et bien, bien avant, La classe Américaine). The Artist n’est pas un flim sur le cyclisme, mais c’est un putain de film d’un amoureux du cinéma.
Et Jean, je t’aime car tu es vrai (et aussi parce qu’on a le même age et que ce que tu vis, même si jamais je ne le vivrai, je le comprend), comme en témoigne ta réaction lorsque tu as reçu cet oscar :
Ps : Il réussi le tour de force de sortir un « putain » sur une chaine qui sort du « bip » au moindre « fuck »… chapeau! (Je serai bien curieux de savoir comment les traducteurs ont traduit sa dernière phrase ^^)




